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le texte fondateur : Pour l'auteur de chansons
(texte édité)


Avant l’industrialisation de la chanson, le texte et la partition s’imprimaient, se vendaient aux particuliers et aux chanteurs des rues. Et chacun, ou presque, les reprenait. Ou non. Succès si rare.
Peu importait l’interprète, la chanson c’était son auteur. Parfois accompagné d’un compositeur, le plus souvent rédigeant l’ensemble.
Sur l’actualité, de nombreux chansonniers réagissaient, utilisaient les airs les plus connus. Libelles d’une journée, d’un mois, rarement d’une décade.

Nullement « un âge d’or » pour l’auteur : son nom apparaissait mais l’éditeur s’octroyait la majorité des bénéfices ; il payait l’impression et contrôlait plus ou moins les réseaux de distribution.

L’industrialisation relégua les créateurs en simples fournisseurs de matières premières, utiles pour habiller les interprètes. Finalement, ils n’en furent pas chagrinés ! Ils perdaient le « premier rôle » mais les miettes devenaient plus importantes !
L’interprète devint une idole, à laquelle les industriels offrirent une plus grosse part de miettes.
Pour l’auteur, en vivre et être reconnu passa par la scène, souvent en contrariant sa nature (Brassens aurait préféré simplement écrire). Décennies où la chanson fut identifiée à l’auteur-compositeur-interprète, le plus souvent un « artiste » assez moyen dans les trois catégories mais suffisamment audacieux ou opportuniste pour tenir le rôle défini par les industriels. Rare fut l’exigence d’un Jacques Brel (il sut, qui plus est, s’entourer de compositeurs).

« Age d’or » pour certains : des auteurs ont « fait fortune », en occupant parfois aussi des sièges dorés à Neuilly, à la sacem.

Internet, en présentant un peu partout les « paroles », témoigne du niveau où les couplets-refrains sont tombés ! Qui ne s’est jamais exclamé devant quelques lignes, « Je pourrais vraiment en faire autant ! » Les fournisseurs de matières premières sont devenus, eux aussi, le plus souvent, des industriels de la rime et servent leur guimauve à la tonne. Paroliers inféodés aux majors. Mais riches ! Les autres « n’existent pas » ! La sacem a su instaurer une technique limite pour les accepter comme membres et gérer la société au profit des inféodés aux majors : en inventant la notion de « membres professionnels » où le critère des droits touchés exclut tout auteur réellement indépendant. Et naturellement, les « éditeurs » ont conservé leur rôle historique de grands argentiers, en accaparant une bonne partie des « droits d’auteur ». Au départ, pour obtenir pareil avantage, ils effectuaient un travail de mise en relations entre créateurs.
L’éditeur est désormais le plus souvent une société de la même major que le producteur de l’interprète, une manière sans état d’âme ni masque de récupérer de l’argent. L’artiste, pour signer avec la major, se doit de signer un contrat d’édition (naturellement quelques exceptions).

Les « cerveaux disponibles », dupés quand ils n’avaient que radios et télévisions pour découvrir « les nouveautés », sont devenus internautes, surfent à peu près librement et les jours d’errance peuvent s’arrêter sur le site d’un auteur indépendant. Naturellement, la plupart du temps, ils découvrent des sous-tubes, par des auteurs indépendants du seul fait qu’ils n’ont pas réussi à séduire des industriels mais continuent à essayer ! On peut ainsi lire : « si un producteur passe ici, je suis disponible pour écrire tout texte du genre Obispo, Goldman, Cabrel... »

L’auteur n’avait donc JAMAIS pu vivre de son art en imposant simplement son style. Internet peut lui permettre d’exister vraiment : produire quatre albums fut ma décision musicale essentielle de l’année !
Elles chantent Ternoise, Ils chantent Ternoise, Pierre Galliez cante Ternoise, CD Sarkozy selon Ternoise. La critique d’auto-glorification et mégalomanie sera sûrement placée. Mais c’est « faire date », inscrire dans la matière la démarche d’auteur.
Internet, fusion de l’ensemble des médias, avec une diminution exponentielle du coût de fabrication permet d’aborder autrement chaque domaine (comme si, en 1970, chacun avait pu émettre sa chaîne de télévision, ou en 1981 sa radio). Nouvelle possibilité nullement CONTRE les autres créateurs, compositeurs et interprètes, mais AVEC. Nous avons la même ambition : vivre de nos créations. Nous sommes dans le même camp : forcément contre les structures parasites gloutonnes de la majorité des bénéfices du travail des créateurs. Exit majors, commerçants (car naturellement, même avant la disparition du CD, la chanson n’a plus besoin de ces vendeurs).
Pas forcément chacun dans son coin : des producteurs existeront toujours, regrouperont quelques artistes. Des structures artisanales, P.M.E. Une forme d’amicale ! Mais de qualité. Pas sur le modèle des collectifs actuels, plus clubs de poivrots ou fumeurs de joints. Un apport d’efficacités. J’apporterai textes et approche internet. Voix, compositeurs, arrangeurs, studio, bienvenus ! La fin des mastodontes. Inévitablement. Sauf s’ils parviennent à berner de nombreuses idoles en leur signant des contrats à vie !

[Cette évolution de l’univers musical, j’ai sûrement, en France, été le premier à la conceptualiser et tenter d’influer sur son déroulement.
Mais si j’étais arrivé « dans la chanson » dix, vingt ou trente ans plus tôt ? Aurais-je créé une structure indépendante ? Et donc connu « les difficultés » ! Aurais-je « simplement » publié ? Mais dans l’édition, mon indépendance aussi aurait été limitée par la technique. Aurais-je, finalement, tenté de séduire « une maison de disques » en pensant pouvoir, ensuite, « passer de vrais textes » ?
Répondre à ces hypothèses n’aurait pas grand sens. Nous sommes devant une nouvelle donne et les choix passés ne me concernent pas ! Chacun a et avait sa propre problématique. Certains font et d’autres attendent que tout tombe du ciel. C’est sûrement une distinction au-delà des difficultés de chaque époque ; certains font semblant de faire, aussi...
Cdequitables.com et wproducteurs.com marqueront, en 2007, une nouvelle étape. ]





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